Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 10:07

Les choses s'appaisent peu à peu et il est temps de reprendre l'écriture, une vie un peu structurée et des projets dignes de ce nom. Ce qui m'amène ce matin à sortir de ma taverne, reprendre mon ordinateur et donner quelques nouvelles.

J'ai quitté Vienne il y a à peine 10 jours mais il me semble que 6 mois se sont écoulés. La vie reprend à Maastricht, avec la sensation étrange que rien, strictement rien n'a changé ici. D'ailleurs c'est le cas, à part peut-être la bibliothèque modernisée, les feux rouges avec horloge et le supermarché asiatique dans le centre: tout reste et continue, quoi qu'il se soit écoulé pour moi dans les 10 derniers mois. C'est très rassurant, je dois l'avouer, la reprise est facile, les chemins connus, les méthodes archi-connues, j'ai retrouvé mes amis, mes habitudes, mes cafés, mon sport, mais aussi cette réduction de la vie à quelques éléments: études et sorties, chose que j'avais envie d'éviter. C'est toute la différence entre Maastricht et Vienne ou Paris. Deux styles de vie radicalement différents. Il y a d'une part la petite ville, tout à proximité, un petit monde, une seconde famille, la spontanéité des rencontres, des activités. D'autre part les grandes villes, leur espace, leurs distances et la multitude de choses à faire, à voir, l'infinité des possibles.

Je ne sais pas ce que je préfère, je me sens bien en ce moment à Maastricht, dans cette facilité, proximité, je n'ai pas trop à penser, je fais ma vie, tout simplement. C'est d'ailleurs très joli, Maastricht, j'avais oublié. Les rues pavées, les vieilles maisons, le parc, les remparts, les églises multiples et imposantes, les vélos, le fleuve, le ruisseau: il faut que vous veniez voir. J'ai eu tendance à hurler, pleurer, trépigner face à une ville qui pourtant ne me veut pas de mal et il est temps de faire justice à Maastricht, réellement.

Quand à mes études, puisque c'est une des raisons pour mon retour, les études m'intéressent, ça y est. J'ai enfin trouvé la combinaison intérêt-obligation qui me manquait. Auparavant, je n'aimais pas ce que j'étudiais mais je devais étudier. A Vienne, j'aimais ce que j'étudiais, mais je ne faisais rien. Voilà que j'aime ce que je fais, et que je dois le faire. Bon, je ne cacherais pas que la reprise est rude, pousser la porte tournante de la bibliothèque chaque jour est une habitude que j'avais allègrement perdue, mais c'est pour la bonne cause, pour mes neurones, pour mon équilibre mental, pour mes revenus futurs et pour pouvoir trouver un métier à travers lequel je peux partager tout cela.
J'étudie quoi d'ailleurs: littérature, arts et culture. De grands concepts. J'ai découvert la littérature à Vienne, je n'aurais jamais pensé y trouver un intérêt quelconque, mais voilà que cela ne se limite pas à des textes, des mots, des histoires: il y a là, derrière, notre histoire, nos pensées, nos sentiments, ce que nous voyons, ce que nous ne voulons pas voir, ce qui nous fait, nous émeut, nous tourmente. Imaginez: mes études consistent en ce moment à lire des mythes grecs, des contes de fée, Candide et Hamlet, la Bible, le Coran. J'en entends dire qu'avec ça, je ne vais pas aller bien loin, mais je n'en suis pas si sûre, j'en suis même persuadée, ça me mène quelque part. Deux ans d'études européennes m'ont moins convaincues que maintenant 10 mois de sciences humaines.

Quand à Vienne, il me faut du temps. Du temps pour décanter, pour en apprécier les souvenirs, les rencontres, aujourd'hui encore mêlées à l'avalanche de sentiments qui m'est tombée dessus en janvier, m'a enlevé le rouge aux joues et transformé en gentil petit fantôme. Sophie grandit, que voulez-vous, il fallait bien que ça arrive un jour. Je peux écrire, lire, raconter, il faut aussi à un moment faire face, ressentir et apprendre. Je fais du body-building du moral, je bombe le torse et apprends que tout n'est pas catastrophique. Mieux, je pars maintenant du principe que tout va toujours, qu'il y a un sol et un plafond, une réalité qui ne s'écroule pas. Magnifique, on progresse!

J'en parle avec ironie, je suis ironique en ce moment, mais je suis sincèrement heureuse et un peu plus stable que je n'ai jamais été. Je viens par contre de tourner la tête vers la fenêtre et aperçois une petite pluie typique et fantastique, le temps néerlandais que j'ai retrouvé tel que je l'avais laissé. Je m'en vais donc l'affronter et promets de trouver le temps afin de vous raconter mon formidable appartement et la formidable perspective de Carnaval :)

Tot ziens!


 
Par Sophie
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