Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 11:20

Grüss euch! Et bonne année, bonne santé, bonnes (mauvaises?) résolutions, bonne neige, bon tout!

Me voici de retour à Vienne, Vienne et ses Manner, ses Mozart en carton, ses beaux bâtiments, ses rues enneigées, ses métros, visons et autres toques. On me demande souvent si Vienne vaut Paris, je crois que Paris parfois ne vaut pas Vienne, il y a ici un calme, une sérénité qui, n'en déplaise aux Parisiens pur et dur, ne se trouve pas en France. Bon, en même temps, il y a une montagne de choses à faire à Paris qui ne se trouvent pas en si grand nombre à Vienne.

Mais tout ceci ne va pas franchement m'occuper dans les semaines à venir puisque malheureusement, ou plutôt, inévitablement, il arrive un moment où il faut prouver qu'on a appris sa leçon et pas seulement fait la fête ou bu du vin chaud, il y a quelque chose appelé partiel qui pointe son nez et mobilise en ce moment le monde étudiant, encore plus qu'en décembre où le monde étudiant révait de dinde au marron et de la cuisine-de-môman (expression sexiste, nda) pour remplacer pates, pizzas et autres soupes en poudre. Oui, tout le monde se met à travailler, étudier, et il serait bon que j'en fasse de même.

Ne dramatisons tout de même pas, on respire encore, hein, et le temps, ça se prend (leçon apprise à Maastricht, très bonne leçon). Je pars du principe que lorsque vraiment ce sera très très urgent sinon catastrophique, je saurais faire ce qu'il faut. L'instinct étudiant, voilà tout.
Pour aller m'aérer l'esprit donc, je suis allée hier faire une promenade en forêt avec deux amis, et attention, promenade dans et sous la neige, sinon ce n'est pas drôle. En bonne fille de la ville, marcher dans la neige reste pour moi un miracle, une chose inouïe, et voir les arbres, les champs, les maisons blanchies était un vrai retour en enfance, un émerveillement. Donc tous motivés, nous voici partis vers la campagne, accessible à chaque fin de ligne de tram ou bus en fait. Il y a là des sentiers balisés par la ville manifestement, et pendant trois heures on a parcouru un chemin, évitant les gens lancés à toute allure en luge. La luge, le sport national apparemment, en même temps je les enviais gravement. Il y a même des luges mono-ski, où il faut se tenir en équilibre si on ne veut pas finir dans les arbres, du moins d'après ce que j'en ai vu.
C'était réellement idyllique, car complêtement hors du temps, hors de l'espace, on sort de la ville en 20 minutes pour se retrouver dans un monde neigeux, brumeux, on monte on monte et on se retrouve dans les nuages, puisqu'on s'est rendu sur la colline la plus haute des alentours de Vienne, la "Hermannskogel", au sommet de laquelle se trouve une tour de guêt qui, dans la brume, avait des allures de maison de Dracula, de film de Tim Burton, avec ses pierres, ses fenêtres, gouttières gelées et autres tourelles. Comme beaucoup de choses, on tient cette tour des Habsburg, qui d'autre, what else (je ne sais pas vous, mais moi je commence à en avoir assez de Georges Clooney et sa tasse de café).
Ballade terminée dans un Heuriger, une auberge en quelque sorte qui sentait le feu de cheminée, idyllique je vous dis.

Il y a d'ailleurs beaucoup de choses à faire en ce moment dans les alentours de Vienne, mes propriétaires m'ont proposé d'aller faire du ski de fond (j'ai des proprios très sympas), il y a aussi des pistes à descendre à ski ou dans des bouées en plastique, je ne pense pas avoir le temps de tout faire, mais rien que l'idée ...

Non, parce que c'est quelque chose que j'ai découvert récemment, on ne peut pas tout faire dans la vie, mais ce n'est pas grave. N'est-ce pas rassurant de savoir cela, que ce qu'on fait compte et qu'il faut savoir l'apprécier, y trouver son calme, son bien-être? Et que ce n'est pas parce que chaque jour quelque chose de nouveau se présente et qu'on ne le saisit pas qu'on rate tout? Même, j'ai découvert qu'à 21 ans, il serait bon d'essayer d'en faire moins, d'être stable et heureuse, parce que la vie est longue. On entend parfois: "Live fast and die young", pourquoi pas, mais si le "live fast" se résume à être complêtement angoissé ou aveuglé par la vitesse des choses, quel intérêt? Et puis si on "die young" parce qu'on s'est épuisé, quel intérêt aussi? Certains répondront que vivre est vain parce que sans réel espoir - un peu vrai, on finit tous dans une boîte, et en même temps ... il y a beaucoup à voir, non?

Je trouve ça difficile en fait, d'arriver à se rassurer sur le fait qu'on a le temps, en théorie, et qu'on ne peut pas non plus prendre le temps de vitesse. Être jeune, c'est ne pas savoir, et c'est peut-être génial, mais c'est aussi angoissant. Là, j'entends des voix outrées ou choquées ou blasées: "Mais Sophie, arrête même d'y penser, de te poser des questions, et vis, profite d'être jeune". Ce à quoi je répondrais alors que se poser des questions n'est pas en contradiction avec le fait de vivre, de profiter, et d'être jeune, c'est juste quelque chose de normal.

Enfin bon, les questions existentielles n'ont pas de réponse définitive, sont infinies, c'est pour ça qu'elles sont intéressantes, inutiles, inévitables, et inépuisables... Je m'arrête donc là pour aujourd'hui.
Par Sophie - Publié dans : Le monde autours
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