Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 17:22
L'expérience Viennoise continue, mais Paris m'appelle de façon insistante, je m'apprête d'ailleurs à faire ma valise, laver l'appartement et m'envoler vers la maison, comme E.T.

Avant cela pourtant, je me dois de jouer encore mon rôle de reporter au pays du schnitzel en folie, avec au menu aujourd'hui l'Opéra, rien de moins ma petite dame. Et devinez pour combien d'euros un étudiant va à l'Opéra ici: 3. Même le programme est plus cher. 3 euros et afin de couper tout de suite aux questions, je précise que l'on voit quelque chose sinon tout, puisqu'il s'agit de places debout tout en haut dans la galerie ou aux balcons.
Sortie chic donc, du moins pour les Viennois, puisqu'il s'agit alors de sortir ses plus beaux et plus imposants atours, du manteau de vison - encore lui, à la robe longue de bal ou au costume trois pièces et chaussures lustrées. C'est toute une institution donc qui s'adresse à tous et donne lieu à des contrastes assez intéressants: on peut mettre sa robe de bal et courir pour attraper le bus au retour, ou arriver avec ses deux robes et deux collants et deux pulls superposés parce qu'il fait quand même froid (votre serviteuse - je ne me sentais tout de même pas tout à fait à ma place) et voir autant que ceux assis au premier rang. Tout ce monde se retrouve à l'entracte pour manger des patisseries viennoises - et non des viennoiseries, nuance, et boire du champagne qui, lui, fait réapparaître l'hétérogénéité socio-économique de l'assistance, puisqu'un verre vous coûtera 26 euros (j'ai quand même vérifié le prix, au cas où ce serait abordable, je le reconnais).

Sortie tout à fait Viennoise donc, je me demande pourquoi je n'y suis pas allée plus tôt, comme beaucoup de choses dans la vie en fait, il faut sauter pour réaliser ce qu'il y a de l'autre côté du mur, du fossé, des mots, des gens. Ce soir là, j'ai assisté à la première de Casse-Noisette, un rêve de gamine. J'étais d'ailleurs une gamine devant le beau prince, et les beaux costumes, et les musiques archi-connues, et le méchant très méchant mais très fort, la princesse niaise à souhait mais qu'est-ce qu'elle en a de la chance et j'en passe. La danse classique a ce côté magique de faire paraître très simple quelque chose de très dur. C'est appaisant de ne pas voir la difficulté, de juste apprécier la simplicité des mouvements. D'un coup, on se dit: "Fastoche, moi aussi je peux la mettre tout la haut ma jambe qu'est-ce qu'ils croient", et puis on essaye dans son salon et là c'est déjà moins rigolo. Pour ceux que cela déprime, dites vous que je ne sais faire ni roue, ni équilibre ou roulade arrière ni-même me relever d'une roulade avant, mais je vis toujours, alors tout va bien - je me sens empotée par contre quand même, alors je préfère tout vous avouer tout de suite, ça soulage.

http://www.youtube.com/watch?v=7FjXjEKpjCw

Autre expérience Viennoise: la transformation sociale par temps de neige. Ce matin, je me lève ravie et me dis ouaaais il ne neige pas aujourd'hui, je vais pouvoir faire mes courses de Noël sans lutter, trop bien. Et au moment où je mets mon bonnet, malheur, les premiers flocons suivis de beaucoup d'autres, le crachin breton passant pour du ciel bleu à côté. La joie donc de faire ses courses de Noël le dernier samedi avant la date fatidique et sous des flocons compactes et tenant au sol. J'ai rarement eu aussi froid en fait, au point de vouloir plusieurs fois juste laisser tomber, aller me mettre au lit et me réveiller au printemps. Je sais que tous vous faites face à la même situation, je ne peux cependant pas m'empêcher de rabâcher sur mon petit cas personnel égoïste.
L'aspect intéressant de la chose n'est pourtant pas dans le froid, ou la neige, mais dans les attitudes des gens en de pareilles circonstances. La politesse viennoise fait soudain place à une lutte féroce pour la survie de son porte-monnaie, de son temps et de son nez. Prenez la station Montparnasse aux heures de pointe, mettez cela dans le théâtre du centre-ville de Vienne, vous aurez une idée. Pas que je ne sois pas habituée, mais c'est d'habitude beaucoup plus relaxant cette ville, on attend aux feux rouges, on ne pousse pas trop les gens, on s'excuse. Que nenni aujourd'hui, c'est bouge ou crève.

J'envisage donc demain de ne pas bouger de l'appartement, j'ai des excuses excellentes pour cela comme passer la serpillière et boire du café, ou lire le journal et écrire des articles. Voilà, demain rendez-vous pour un article sur le dimanche, jour propre à la réflexion.

Je ne résiste pas à vous montrer là quelque chose de magnifique: j'ai tapé sur google le mot serpillière pour en vérifier l'orthographe, et voilà ce que Wikipédia me donne:
"Une serpillière est un morceau de toile grossière et résistante, de forme plus ou moins régulière et d'environ 50 cm de côté, servant à laver les sols à l'eau savoneuse (ou autre liquide). On la passe, sur les sols durs et résistant à l'eau (ni la moquette, ni la terre battue, etc.) à l'aide d'un balai-brosse. Le lavage exploite le frottement du tissu sur le sol, et la mise en suspension (ou, dans une moindre mesure, en solution) de la saleté dans l'eau. L'eau exerce en outre une action de lubrification qui limite l'usure de l'objet. La serpillière retient une grosse quantité d'eau par capillarité, laissant un sol humide mais séchant très rapidement. Mais a contrario l'humidité peut aussi coller la poussière au sol." (http://fr.wikipedia.org/wiki/Serpilli%C3%A8re).

N'est-ce pas magnifique, la vie, le progrès technologique, le cerveau humain, tout cela réuni pour rendre le passage de la serpillière (mot difficile à écrire, en parler à Pivot) non seulement littéraire mais aussi scientifique et intéressant. N'en déplaise à certains peut-être, je trouve que cette tâche très précise, de même que la poussière, c'est sur-ennuyeux (urlangweilig disent les Viennois). Je sais à qui ça peut déplaire en fait, maintenant que je raconte cela: à Olli puisque dans le partage des tâches c'est lui qui en hérite. Bon, faudra qu'on en rediscute.

Je viens de vous dégoter une vidéo aux petits oignons, derrière le kitsch (et la musique), il y a du vrai (les gens, les activités et les monuments):
http://www.youtube.com/watch?v=nuO4dCtFfyA

Autre vidéo intriguante, intitulée 'Vienna: the place to be?' et où Vienne est filmée sous la neige sur l'air notamment du requiem de notre cher Wolfgang. Je vous la mets tout de même, elle porte à réflexion non seulement sur ce qu'elle veut dire, mais aussi sur l'utilité de filmer certaines choses (les lapins dans la neige notamment).
http://www.youtube.com/watch?v=Ux-wctqKocM&feature=related


Par Sophie - Publié dans : Vie quotidienne
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Commentaires

Sans indiscrétion, où est-ce que tu as été acheter tes billets pour l'opéra ? Directement là-bas ou à un autre endroit ? Faudrait peut-être que j'aille y faire un tour aussi !
Commentaire n°1 posté par Anonyme le 21/12/2009 à 18h25

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  • : Vienne fini, voilà donc l'heure d'écrire sans réel sujet, là où les idées surviennent, les mots cherchent une échappatoire, les émotions demandent une formulation... Un amas d'observations, de petites histoires, réflexions et autres divagations.
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